13-09-2004
source: http://www.afrik.com
date: 09/09/2004
Le meilleur du pire de la contrefaçon en Afrique

La contrefaçon est un mal qui gangrène l’Afrique.
Angoisse des marques de vêtements qui savent que de toute
façon elles ne peuvent rien y faire, le faux peut
s’avérer malgré tout désopilant quand les
imitations sont du plus sordide acabit. Abidas, Mike, Lacostte ou Yves
Saint Lorent, il faut croire que certains pirates ont
décidément le sens de l’humour. Et pourtant ça se
vend...
Ffila, Pumma, Addidas, le faux du faux est monnaie courante en Afrique.
Nombreux sont ceux qui défient les règles
élémentaires du contrefacteur de base, à savoir
copier le plus fidèlement possible le logo de la marque
visée. Des contrefaçons tellement grossières que
les sociétés spoliées ne se donneraient même
pas la peine de poursuivre ces pirates de bas étage, si ce n’est
pour leur acheter une pièce collector pour amuser la galerie.
Maghreb ou Afrique noire, tout le continent est concerné. Petit
tour d’horizon.
Vue à Cotonou, la célèbre marque française
de vêtements de sport Le Coq Sportif est devenue « France
Cok ». Mieux, « le coq était bien dodu et n’avait
pas de crête », témoigne Akim, qui ne peut
s’empêcher d’y repenser avec un petit sourire. Mais il avoue que
la contrefaçon qui l’a plus marqué était une paire
de chaussures Nike/Converse. « Il y avait un logo de chaque
côté. Au début, je me suis demandé si les
deux marques avaient vraiment décidé de faire une fusion,
mais je me suis vite rendu compte que c’était encore le fruit de
l’imagination des gars là-bas ». Les équipementiers
sportifs sont les premières cibles des pirates. A ce titre, la
marque américaine Nike en voit toujours des vertes et des pas
mûres. Rachid se souvient d’une véritable pièce de
musée dans le souk de Marrakech au Maroc : « Des basquets
Mike air injection. J’ai failli les acheter pour les montrer à
mes amis, mais je n’avais pas assez d’argent ». De simples Mike
air auraient sans doute fait l’affaire... En parlant d’air, il arrive
souvent que la célèbre chaussure soit plutôt
l’ennemie de vos lombaires, avec un « coussin d’air »,
sensé amortir les chocs, plus dur que de la pierre.
Adidas, la marque aux quatre bandes
Très courant en Afrique et ailleurs, l’Adidas aux quatre bandes
est un grand classique de la contrefaçon. Quatre bandes c’est
une de plus que l’original. Une bande de rechange, diraient les plus
conciliants. C’est à ce demander si parfois les contrafacteurs
n’auraient pas besoin d’une bonne paire de lunettes. C’est la question
qu’on peut raisonnablement se poser en voyant l’orthographe, à
ce point martyrisée, de certaines marques. Tommi Hellfinger (le
doigt de l’enfer en anglais) pour la marque Tommy Hilfiger, Yves Saint
Lorent au lieu d’Yves Saint Laurent ou encore Lacostte pour Lacoste.
Faute de frappe, le vrai tient souvent à quelques lettres.
Plus osé : c’est carrément le logo même de la
marque qui fait couramment l’objet d’étranges transformations.
Le crocodile Lacoste avec la queue à l’envers, ou bien la gueule
fermée, ou alors cousu à droite, on l’aurait même
vu de taille inhabituelle en Tunisie. « Le crocodile était
très costaud et faisait au moins dix centimètres le long
», rapporte Farid de retour de vacances à Nabeul. Une
bête transgénique, assurément jamais
répertoriée dans la gamme de la marque. Le joueur de polo
de Ralph Lauren a, lui aussi, subi les assauts saugrenus des pirates.
Parfois désarçonné (le logo se résume
à un cheval tout seul), parfois sans son club, c’est aussi sa
monture qui est caricaturée avec un gros ventre ou des petites
pattes. Ne parlons pas du sigle Puma, où le félin bondit
gueule grande ouverte avec les deux pattes en avant. 
Et ça se vend...
Tout aussi grossières qu’elles soient, les contrefaçons
trouvent toujours preneurs. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait
l’ivresse. Celle de la classe et du paraître. Beaucoup tombent
dans le panneau par manque d’information ou par analphabétisme
plus que par manque de vigilance. Et il suffit que ça sonne
comme le nom de la véritable marque, ou qu’il y ait une relative
ressemblance visuelle, pour qu’on assimile le succédané
à un vrai. Ainsi certains sont encore fiers à ce jour
d’arborer avec panache leur polo Ralf Loren et leurs basquets Mike dans
leur quartier.
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