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 09-09-2010
Contrefaçon du billet de 10000 francs cfa   Imprimer  E-mail 
Soumis par Jacqueline  
18-09-2004
source: http://www.walf.sn  date: 17/09/2004

Contrefaçon du billet de 10000 francs cfa : le Sénégal serait une plaque tournante du faux-monnayage

Image C'est la plus rocambolesque escroquerie internationale à la fausse monnaie révélée, dans son édition d'hier, par le quotidien français Libération. Le périple d'un magot bidon avec grands desseins, petits larcins et valises bourrées de billets, a été reconstitué par le canard français. Papier, signes de sécurité, couleurs : la coupure était presque parfaite, qui a dupé nombre de détecteurs bancaires et provoqué un début de panique fiduciaire en Afrique.
L'affaire retracée par Libération (édition du mercredi 15 septembre dernier) a démarré en avril 2002 à Dakar et Tambacounda, avec l'interpellation de plusieurs Sénégalais de retour de France. Dans leurs bagages, quelques faux billets de 10 000 francs Cfa. Tous viennent des foyers africains de Paris. Le tuyau est transmis, via l'ambassade de France, à l'Office central de répression du faux monnayage.

Immédiatement, la police judiciaire française monte une planque et arrête une Ivoirienne sur le point de dealer 500 fausses coupures dans un foyer Sonacotra du XIVe arrondissement. C'est ainsi que la police française remonte au fournisseur, «S.», un Béninois de 34 ans. «Ils avaient commencé depuis quelques semaines et distribué plusieurs milliers de billets à des immigrés maliens ou sénégalais», raconte un enquêteur interrogé par la même source.

L'arnaque était simple : proposer aux habitants des foyers de convertir leurs économies en billets de 10000 FCfa présentés comme vrais afin de s'éviter les commissions de la Western Union (société de transferts internationaux de fonds) ou des bureaux de change africains. Les coupures atterrissaient ensuite en Afrique, dans les valises de leurs propriétaires ou de personnes de confiance chargées, selon l'usage, d'acheminer l'argent vers les familles. Les Africains floués ont défilé à la direction centrale de la police judiciaire de Nanterre (France). «On a fait un compte d'apothicaire, entendu des dizaines et des dizaines de plaignants, raconte un policier. L'étage était rempli de types en boubous très remontés, qui avaient vu le fruit de plusieurs mois de travail disparaître.»

Environ cinquante victimes ont porté plainte, aux côtés de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, selon le quotidien français. Là où faussaires bulgares et colombiens travaillent en euros et en dollars, cette affaire concerne une monnaie apparemment sans histoire, imprimée à Chamalières par la Banque de France, note Libération. «Il est rare de voir une organisation criminelle s'attaquer à une monnaie pas très forte comme le Cfa, s'étonne un policier sénégalais. Dans la zone, les gens utilisent beaucoup de liquide, les billets sont usagés. Et la coupure visée présentait une valeur faciale assez importante. C'était vraiment bien pensé et bien ciblé», relève la source de Libération. Selon un enquêteur interrogé par la même source, près de 5 millions de faux billets de 10 000 francs Cfa, gamme 1992 auraient été imprimés au pied des Alpes slovènes, destinés à être diffusés dans les huit pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). «Une attaque sans précédent, inédite dans toute l'Afrique», reconnaît dans les colonnes de Libération la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest qui a entamé, depuis avant-hier, le renouvellement de tous les billets de la zone imprimés en 1992. Ce qui laisse croire que l'opération de retrait vise à assainir la monnaie commune des huit pays membres de l'Uemoa.

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