24-09-2004
source: http://www.lexpress.mu
date: 22/09/2004
Contrefaçon sur Internet : l’horlogerie suisse se mobilise
 Le commerce grand public sur Internet génère un volume
d’affaires en croissance constante depuis quelques années. Un
constat qui devrait réjouir la grande majorité des
marques, de plus en plus présentes sur le Web. Il est un
secteur, pourtant, qui ne participe pas de cette euphorie :
l’horlogerie. Car le développement de l’e-commerce favorise tout
autant le commerce de la contrefaçon, dont l’industrie
horlogère est l’une des premières victimes.
Selon Jean-Daniel Pasche, le président de la
Fédération horlogère suisse, les
contrefaçons représentent globalement un manque à
gagner de quelque 530 millions d’euros par an pour l’industrie des
montres, soit 8 % du chiffre d’affaires annuel de la branche.
“L’Internet favorise indubitablement le commerce de
contrefaçons, souligne-t-il. La part des commandes en ligne en
termes de réseau de contrefaçon a fortement
progressé ces deux ou trois dernières années.” La
raison en est simple : l’offre de produits contrefaits augmente dans
les mêmes proportions, si ce n’est plus.
Il existe en effet un pléthore de sites qui proposent d’acheter
des montres de grande marque à un prix ne laissant aucun doute
sur l’origine et sur l’authenticité des produits. Certains vont
même jusqu’à se vanter d’offrir les meilleures
contrefaçons aux meilleurs tarifs (fakewatches.com,
replicawatches.com, ...). Or, le commerce sur Internet, en tant que
canal de distribution, est soumis aux mêmes lois que le commerce
traditionnel. La vente ou l’achat de contrefaçon reste
illégal.
Sur cette base, les marques de montres ont le droit de poursuivre en
justice aussi bien les internautes pris en délit d’achat de
contrefaçons lors de l’acheminement des colis, que les
éditeurs de sites écoulant des montres fausses. Ce que ne
s’est pas gêné de faire en 2002 le groupe Richemont, l’un
des grands représentants mondiaux de l’industrie du luxe, qui
fédère notamment les marques Cartier, Van Cleef &
Arpels, Piaget, Dunhill et Montblanc.
“Ces actions entamées par les marques restent trop
particulières, déplore Jean-Daniel Pasche. Il est
nécessaire de créer une structure de lutte commune contre
le commerce en ligne de fausses montres.” Une cellule Internet devrait
voir le jour d’ici l’automne au sein de la fédération
horlogère suisse, qui va regrouper une quinzaine de marques.
“Notre action sera d’intervenir auprès des fournisseurs
d’accès et des éditeurs de sites afin de les dissuader de
vendre des contrefaçons, explique Jean-Daniel Pasche. Si aucune
solution à l’amiable n’est trouvée, nous irons en
justice.” Dans ce cas de figure, la marge de manoeuvre de la
Fédération différera selon les pays et les
législations en vigueur.
En France, les actions anti-contrefaçon sont menées par
les services des douanes, qui effectuent régulièrement
des saisies dans les aéroports et aux frontières. D’une
manière générale, “Internet représente un
vecteur de traffic en tout genre, confie la direction des douanes,
aussi bien de contrefaçons que de produits prohibés.”
Depuis quelques années, les douanes observent une forte
progression du traffic par voie postale, en lien direct avec le
développement du commerce en ligne. Un constat qui les ont
conduites à renforcer les contrôles au sein des centres de
tri postal. 
Les sanctions pour le client varient de la confiscation du bien
à la poursuite judiciaire, en passant par une amende pouvant
aller jusqu’au double de la valeur marchande du produit. “Dans le cas
du traffic via des commandes en ligne, il s’agit majoritairement de
particuliers, explique la direction des douanes. On se contente
généralement d’infliger une amende aux coupables. En attendant notre prochain échange, bons succès dans ce
nouveau monde !”
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