06-10-2004
source:
http://www.paris-normandie.com date: 01/10/2004
La contrefaçon expliquée aux Normands
Avec ses grands ports, la région est concernée par les
circuits de contrefaçon de marques.
Plusieurs conteneurs, des millions de cigarettes en provenance d'Asie
saisies dans un grand port français. Ces cigarettes de marque
(s) contrefaite (s), étaient destinées à un pays
africain, avec des opérateurs intermédiaires de quatre
autres pays appartenant à deux continents. Utilisant volontiers
les même circuits que les trafiquants de drogue, multipliant les
ruptures de charge pour couper les pistes, les pourvoyeurs en produits
contrefaits sévissent. Ainsi en a parfaitement
témoigné le dernier invité de Georges Vincent et
ses amis du Propeller club de Rouen : le commissaire de police
divisionnaire Philippe Ménard, chef, à 42 ans, de
l'Office central de la Fausse monnaie et de la Contrefaçon.
Né à Caudebec-lès-Elbeuf, Rouennais par les
études et les débuts professionnels, Philippe
Ménard rappelle que, si la contrefaçon n'est pas un
phénomène récent, elle ne touche plus seulement
les grandes marques de luxe, mais aussi des produits de première
nécessité et médicaments. « La
contrefaçon, c'est à dire la reproduction, illicite,
d'une œuvre artistique ou de produits manufacturés, ou
industriels, sans l'autorisation de l'auteur, précise le
policier est aujourd'hui multiforme, et multisources. »
Attention, ports
La Haute-Normandie est concernée par la contrefaçon
essentiellement car elle dispose de deux grands ports, en premier lieu
celui du Havre, explique l'invité du club portuaire rouennais :
« Un tiers des objets contrefaits sont saisis, en France, dans
les ports, où les deux tiers des procédures en
contrefaçon des Douanes sont réalisées. Outre
l'atteinte aux droits d'auteur, à l'économie, à la
fiscalité, la contrefaçon peut avoir un impact sur la
sécurité du travail : des palettes en bois
brevetées en Allemagne et contrefaites en Chine se sont
révélées dangereuses en se brisant sous la charge.
»
En France - mais pas encore dans tous les pays d'Europe. - les peines
se sont alourdies. De six mois d'emprisonnement il y a encore quelques
années, la contre-façon peut depuis mars 2004 valoir cinq
années derrière les barreaux en cas d'appartenance
à une bande organisée. Sans compter la peine pour le
délit douanier.
Prise de conscience en Asie ?
Quant à la Police nationale, elle fait tout pour s'adapter,
jusqu'à avoir « une dizaine » de gros
téléchargeurs-graveurs-contrefacteurs de films sur
Internet pour cibles « pour l'exemple ». La lutte pourra
même se jouer par infiltrations policières, et entre
autres « en liaison avec les Groupes d'intervention
régionaux, pour les quartiers sensibles, car dans ces quartiers,
la vente de contrefaçon peut atteindre le même niveau
d'organisation que celle des stupéfiants. » 
Ce combat à fortes incidences sur l'économie est sans
cesse à recommencer. Des pays de l'Est sont des zones de quasi
non droit, des cités italiennes et espagnoles produisent, nos
ports contribuent à diffuser et notre Côte d'Azur et nos
banlieues achètent. Mais la coopération policière
internationale se développe et « une prise de conscience
apparaît en Asie du Sud-est, car les états, dont la Chine,
se rendent compte que la contrefaçon pille aussi leurs
économies » estime le commissaire divisionnaire
Ménard.
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