26-10-2004
source: http://www.lejsl.com
date: 25/10/2004
Quatorzièmes RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE BEAUNE
Diversité culturelle et piratage ont été au cœur
de deux débats passionnants <>
Deux entretiens passionnants, l'un sur le piratage et l'autre sur la
diversité culturelle, ont rempli les 340 places de l'auditorium
du palais des Congrès de Beaune pour les 14es Rencontres
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La matinée de samedi des 14es Rencontres
cinématographiques de Beaune a été
consacrée à la «diversité culturelle en
Europe et dans le monde», en présence du ministre de la
Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres.
Dans ce premier débat, il a fortement été question
des espoirs placés dans l'adoption d'une convention
internationale sur la diversité culturelle, actuellement en
préparation à l'UNESCO. «Si, concernant la
diversité culturelle, la bataille des valeurs a
été gagnée, cette notion étant
consensuellement acceptée, il faut maintenant réussir
à instituer des lieux de responsabilités politiques
à côté de ceux qui existent aujourd'hui», a
déclaré le ministre de la Culture. L'enjeu est de
déterminer concrètement quels outils financiers et
juridiques les états membres de l'UE vont mettre en place pour
instaurer un équilibre en faveur de la culture, jusqu'ici
très largement désavantagée au profit du commerce
dans les négociations internationales.
Un cadre juridique paraît d'autant plus indispensable avec
l'envol des nouvelles technologies qui rendent désormais les
œuvres accessibles à tous, gratuitement et illégalement.
Un fléau pour le cinéma
«Pour une nouvelle alliance entre les fournisseurs d'accès
Internet et l'industrie cinématographique» est
précisément le thème du deuxième entretien
très attendu qui a animé l'après-midi, en
présence du ministre délégué à
l'Industrie, Patrick Devedjian.
La France est le pays au monde où le taux de progression du haut
débit est le plus fort. On compte aujourd'hui cinq millions de
foyers équipés. Si «hier» il fallait huit
heures pour télécharger un film, il faut aujourd'hui 15
minutes, et demain, avec le très haut débit, il ne faudra
plus que 70 secondes. Certains films sont, sur un seul site,
télécharger jusqu'à 30 000 fois la quinzaine de
leur sortie en salle. Ces chiffres montrent l'ampleur du
phénomène qui, si rien n'est fait, ne fait que commencer.
Patrick Devedjian, pensant qu'il n'est «ni possible, ni
souhaitable d'entraver la technologie peer-to-peer»
(échange de fichiers sur Internet) et, «ne disposant pas
de solution miracle», a mis en avant l'arsenal de dispositifs
contre la piraterie: la pédagogie, la répression et la
promotion de l'offre culturelle légale en ligne. Il a
appelé les professionnels du cinéma à tirer les
enseignements de ce qu'avait connu le monde musical et les a
invités à se réunir autour d'un projet de
standardisation des téléchargements afin de créer
«leur propre offre industrielle». Les responsables de
fournisseurs d'accès haut débit, tout en déclarant
«qu'ils n'ont rien à gagner sur ces échanges sur
lesquels ils n'ont aucune prise» ont fait part de leur intention
de mettre en place une campagne de sensibilisation sur la
prévention et la répression à l'endroit des
internautes, comme ils l'avaient fait avec l'industrie du disque. Ils
ont aussi regretté l'absence d'alternative légale.
Le représentant des ayants droit, Alain Sussfeld, a ensuite
dénoncé avec ironie cette déclaration en
précisant que «les FAI avaient au contraire beaucoup
à gagner de cette pratique, en multipliant leur nombre
d'abonnés.». Il n'y a d'après lui «pas
d'offre attractive légale possible s'il y a à
côté une offre gratuite». 
Pourtant, la peur du gendarme, tant évoquée au cours de
ce débat, les très fortes sanctions encourues (1), les
retours potentiels d'investissement sur la pédagogie, et la
probable mauvaise conscience d'une grande partie des
«échangistes» pourraient conforter dans l'avenir les
résultats d'une enquête réalisée par un
fournisseur d'accès, dans laquelle plus de 40% des internautes
se disent prêts à payer pour télécharger en
toute légalité. Car chacun a pris ou doit prendre
conscience que sans rémunération, c'est la mort du
cinéma qui est annoncée.
(1) Les peines encourues sont trois ans de prison et 300 000 euros
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