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 04-07-2008
Diversité culturelle et piratage ont été au cœur de deux débats passionnants   Imprimer  E-mail 
Soumis par sebastien  
26-10-2004

source: http://www.lejsl.com  date: 25/10/2004

Quatorzièmes RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE BEAUNE

Diversité culturelle et piratage ont été au cœur de deux débats passionnants

<>Image Deux entretiens passionnants, l'un sur le piratage et l'autre sur la diversité culturelle, ont rempli les 340 places de l'auditorium du palais des Congrès de Beaune pour les 14es Rencontres

La matinée de samedi des 14es Rencontres cinématographiques de Beaune a été consacrée à la «diversité culturelle en Europe et dans le monde», en présence du ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres.

Dans ce premier débat, il a fortement été question des espoirs placés dans l'adoption d'une convention internationale sur la diversité culturelle, actuellement en préparation à l'UNESCO. «Si, concernant la diversité culturelle, la bataille des valeurs a été gagnée, cette notion étant consensuellement acceptée, il faut maintenant réussir à instituer des lieux de responsabilités politiques à côté de ceux qui existent aujourd'hui», a déclaré le ministre de la Culture. L'enjeu est de déterminer concrètement quels outils financiers et juridiques les états membres de l'UE vont mettre en place pour instaurer un équilibre en faveur de la culture, jusqu'ici très largement désavantagée au profit du commerce dans les négociations internationales.

Un cadre juridique paraît d'autant plus indispensable avec l'envol des nouvelles technologies qui rendent désormais les œuvres accessibles à tous, gratuitement et illégalement.

Un fléau pour le cinéma

«Pour une nouvelle alliance entre les fournisseurs d'accès Internet et l'industrie cinématographique» est précisément le thème du deuxième entretien très attendu qui a animé l'après-midi, en présence du ministre délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian.

La France est le pays au monde où le taux de progression du haut débit est le plus fort. On compte aujourd'hui cinq millions de foyers équipés. Si «hier» il fallait huit heures pour télécharger un film, il faut aujourd'hui 15 minutes, et demain, avec le très haut débit, il ne faudra plus que 70 secondes. Certains films sont, sur un seul site, télécharger jusqu'à 30 000 fois la quinzaine de leur sortie en salle. Ces chiffres montrent l'ampleur du phénomène qui, si rien n'est fait, ne fait que commencer.

Patrick Devedjian, pensant qu'il n'est «ni possible, ni souhaitable d'entraver la technologie peer-to-peer» (échange de fichiers sur Internet) et, «ne disposant pas de solution miracle», a mis en avant l'arsenal de dispositifs contre la piraterie: la pédagogie, la répression et la promotion de l'offre culturelle légale en ligne. Il a appelé les professionnels du cinéma à tirer les enseignements de ce qu'avait connu le monde musical et les a invités à se réunir autour d'un projet de standardisation des téléchargements afin de créer «leur propre offre industrielle». Les responsables de fournisseurs d'accès haut débit, tout en déclarant «qu'ils n'ont rien à gagner sur ces échanges sur lesquels ils n'ont aucune prise» ont fait part de leur intention de mettre en place une campagne de sensibilisation sur la prévention et la répression à l'endroit des internautes, comme ils l'avaient fait avec l'industrie du disque. Ils ont aussi regretté l'absence d'alternative légale.

Le représentant des ayants droit, Alain Sussfeld, a ensuite dénoncé avec ironie cette déclaration en précisant que «les FAI avaient au contraire beaucoup à gagner de cette pratique, en multipliant leur nombre d'abonnés.». Il n'y a d'après lui «pas d'offre attractive légale possible s'il y a à côté une offre gratuite».

Pourtant, la peur du gendarme, tant évoquée au cours de ce débat, les très fortes sanctions encourues (1), les retours potentiels d'investissement sur la pédagogie, et la probable mauvaise conscience d'une grande partie des «échangistes» pourraient conforter dans l'avenir les résultats d'une enquête réalisée par un fournisseur d'accès, dans laquelle plus de 40% des internautes se disent prêts à payer pour télécharger en toute légalité. Car chacun a pris ou doit prendre conscience que sans rémunération, c'est la mort du cinéma qui est annoncée.

(1) Les peines encourues sont trois ans de prison et 300 000 euros d'amende

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Dernière mise à jour : ( 24-11-2004 )

 
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