25-11-2004
source: http://www.lalibre.be
date: 19/11/2004
Le film belge s'unit contre le piratage
 Distributeurs, producteurs, réalisateurs... tous les maillons du
film belge s'associent pour dénoncer le piratage de leurs
oeuvres. Selon eux, le phénomène coûte beaucoup
d'emplois. Ils espèrent que les autorités vont
réagir.
Télécharger et copier des films est devenu tellement
facile que le piratage a pris des proportions gigantesques. Rien qu'en
Belgique, on estime que 250000 films sont
téléchargés illégalement chaque jour. Et il
suffit de se balader sur une brocante pour trouver des copies de films
qui, parfois, ne sont même pas encore à l'affiche au
cinéma. Le tout dans une impunité quasiment totale. Pire
même: 55% des internautes seraient persuadés que le
téléchargement gratuit de films est une pratique tout
à fait légale.
Pour le secteur du cinéma belge, la situation est devenue
intenable. S'inspirant d'initiatives similaires en Allemagne et aux
Pays-Bas, il a lancé ce mercredi une vaste campagne de
sensibilisation pour rappeler que le piratage de films est un vol au
même titre que le vol d'une voiture ou d'un sac à main
dans la rue.
La campagne «Au voleur» - lancée dans les salles de
cinéma, à la télévision, à la radio,
sur Internet, dans la presse et dans certains magasins - précise
ainsi, pour ceux qui ne le sauraient pas, qu'on peut être
assimilé à un pirate lorsque l'on
télécharge gratuitement un film sur Internet, lorsque
l'on met des films à la disposition des autres internautes,
lorsque l'on copie des films pour les distribuer ou les revendre,
lorsque l'on offre en location sans autorisation un film piraté
ou un DVD destiné à la vente, lorsque l'on achète
un film piraté ou lorsque l'on enregistre un film dans une salle
de cinéma.
Beaucoup de perdants
Derrière cette campagne, on retrouve tous les maillons du film
en Belgique. Car l'objectif de cette campagne est aussi de sensibiliser
les consommateurs et les autorités au fait que le piratage
coûte un grand nombre d'emplois dans le secteur. «Quand on
pirate, tout le monde est perdant: les exploitants des salles de
cinéma, les distributeurs de films, le secteur de la
vidéo, les réalisateurs, les scénaristes, les
monteurs, les bruiteurs, les professionnels de la prise de vue, les
producteurs de films, les acteurs, le secteur de la musique, les
traducteurs, les interprètes, les sous-titreurs, les
laboratoires, le personnel employé dans les commerces de
détail, et même le gouvernement, puisqu'il perd des
revenus sur les taxes», notent les associations dans leur
communiqué.
«Jusqu'à présent, nous n'avions jamais fait de
lobbying mais il est clair que cette campagne est une manière de
rappeler aux autorités que nous existons et que le
problème du piratage est grave», explique Rik Reynaers, le
directeur de la Belgian Anti-Piracy Foundation. 
Reste à voir si cette tentative de faire peur aux
«téléchargeurs» parviendra à
éclipser le sentiment d'impunité qui existe aujourd'hui
chez la grande majorité des internautes. Car pour eux, il est
tout à fait normal que tout soit gratuit.
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