27-11-2004
source:
http://www.zataz.com date: 26/11/2004
Cinq propositions pour écran noir
 Les professionnels du cinéma ont présenté mercredi
cinq propositions visant à aboutir à une offre
légale, sécurisée et payante de films sur
internet, parade indispensable pour lutter contre le piratage.
Il s'agit d'un document de travail cohérent qui constitue le
point de départ d'une discussion. C'est un document qui
émane de l'ensemble du cinéma français, a
déclaré Michel Gomez, délégué
général de l'ARP (société civile des
Auteurs Réalisateurs Producteurs) Au nombre des soutiens
à ces propositions figurent entre autres, outre l'ARP, la SACD
(Société des auteurs et compositeurs dramatiques), la
FNCF (Fédération nationale des cinémas
français) et le Syndicat de l'édition vidéo (SEV).
Ces cinq propositions ont été présentées au
cours d'une réunion organisée sous l'égide du
Centre national de la Cinématographie (CNC) afin de contrer le
piratage de films sur internet. Y participaient, outre les
représentants du cinéma (distribution, production et
exploitation), les fournisseurs d'accès à internet (FAI),
mais aussi les éditeurs vidéo, les chaînes
hertziennes et les chaînes payantes.
Selon M. Gomez, le corps de ce programme est constitué de cinq
idées : développement de la VOD (video on demand)
uniquement sur des réseaux sécurisés ; paiement
uniquement à l'acte (par opposition au forfait) ;
rémunération minimale aux ayant-droits à chaque
téléchargement ; pas de communication sur la VOD du film
avant l'ouverture de sa fenêtre ; obligation de pré-achat
de films au-delà d'un certain volume de chiffre d'affaires.
Selon M. Gomez, la fenêtre de la VOD s'ouvrirait neuf mois
après la sortie en salles pour les films ayant fait moins d'un
million d'entrées et douze mois pour ceux faisant plus d'un
million d'entrées. Nous sommes contents qu'il y ait des
propositions concrètes, que les choses avancent. (...) Cela
ouvre un cycle de discussions concret avec un bonne volonté
affichée de tous les acteurs, a réagi Michaël
Boukobza, directeur-général du fournisseur d'accès
à internet Free. Le climat de la réunion a
été très bon, on n'était pas dans une
logique d'invectives, a commenté de son côté Michel
Gomez. Le ministre (de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres) nous
avait demandé d'enclencher le mouvement, nous avons
enclenché le mouvement, a-t-il tenu à souligner. Fin
octobre, lors des 14e Rencontres cinématographiques de Beaune
organisées par l'ARP, les pouvoirs publics avaient
proposé d'ouvrir un forum de concertation afin de parvenir
à un accord dans les plus brefs délais, car le
développement du haut débit, en réduisant de
façon drastique la durée de téléchargement
des films, risque de faire exploser le piratage. On ne luttera pas
efficacement contre la piraterie sans offre alternative licite. Chacun
le sait. Pourtant celle-ci tarde à venir, avait notamment
déclaré Catherine Colonna, directrice
générale du CNC, soulignant la
«disponibilité du CNC à aider à la recherche
d'une solution». 
A l'issue de la réunion de mercredi, le CNC va adresser la
semaine prochaine un document de travail à tous les
participants, qui devront y répondre sous quinze jours, a-t-on
appris auprès du CNC. Mme Colonna s'est prononcée en
faveur d'une démarche progressive pas à pas, visant
notamment à traiter d'abord de l'insertion de la VOD dans la
chronologie des médias. La chronologie des médias,
c'est-à-dire l'ordre et les délais de diffusion des
films, est cruciale. Elle s'établit actuellement comme suit :
sortie en salles, sortie en vidéo et DVD, paiement à la
carte (pay per view), diffusion sur les chaînes cryptées
par abonnement et enfin diffusion sur les chaînes hertziennes.
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