10-02-2005
source: http://www.silicon.fr
date: 10/01/2005
P2P: les majors veulent repérer automatiquement les pirates

La Société civile des producteurs phonographiques (SCPP)
va déposer une demande pour pouvoir utiliser un outil de
détection automatique des internautes adeptes du P2P. De son
côté, les acteurs du cinéma se prononcent pour une
répression "graduée"
Rien à faire. Malgré les procès et les campagnes
de sensibilisation (ou d'intimidation?), le trafic du 'peer-to-peer'
sur Internet ne cesse de progresser à mesure que les abonnements
à Internet haut débit explosent.
Et malgré les critiques, les grandes maisons de disque
françaises s'obstinent à employer une stratégie
répressive à l'encontre des seuls internautes. Il y a, on
l'a dit, les procès hasardeux contre à peu près
n'importe qui, les coupures de connexion ADSL ou encore l'envoi massif
de leurres dans les plates-formes d'échange.
Cette fois, les Majors exigent d'avoir les mains encore plus libres. La
Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) va
en effet déposer une demande à la Commission nationale de
l'informatique et des libertés (CNIL) pour pouvoir utiliser un
outil informatique de détection automatique des internautes qui
téléchargent illégalement de la musique en masse,
a-t-elle indiqué lundi.
Jusqu'à aujourd'hui, la SCPP repère au coup par coup les
plus gros utilisateurs de sites d'échange P2P. Désormais,
elle souhaite automatiser son action. La société
précise qu'elle devait encore choisir entre deux prestataires de
service susceptibles de lui fournir cet outil informatique.
Actions de répression automatiques? On imagine
déjà les dérapages de telles procédures qui
montrent dans de nombreux domaines leurs faiblesses, exemple, les
fameux radars routiers automatiques.
"Le dossier de demande d'autorisation sera envoyé à la
CNIL la semaine prochaine", a fait savoir le dg de la SCPP, Marc Guez,
lors d'une rencontre avec la presse à quelques jours de
l'ouverture à Cannes du MIDEM (Marché international du
disque et de l'édition musicale). Selon lui, la CNIL doit
ensuite répondre dans un délai de deux mois.
Le cinéma, plus mesuré
Du côté des acteurs du cinéma, une première
série de propositions vient enfin d'être annoncée.
L'industrie aura mis beaucoup de temps à réagir alors que
les films sont les véritables stars du 'peer-to-peer'
aujourd'hui.
Leurs propositions s'articulent autour de trois axes :
"réalisation d’actions de sensibilisation et de
communication auprès du grand public, application d’une
politique de riposte graduée aux actes illicites,
développement d’offres légales en ligne".
Rien de bien neuf à l'horizon. Le cinéma se contente de
calquer ce qui est fait dans la musique. L'Industrie se démarque
cependant avec la notion de "riposte graduée", histoire
d'éviter les scandales apparus dans la musique. Peut-être
aussi parce que les entrées dans les salles obscures
françaises ne souffrent pas de la concurrence d'Internet. Au
contraire. 
S'agissant de la mise en place d'offres légales, il faut
"baisser la TVA applicable au téléchargement", instaurer
"un revenu minimum pour les ayants droit", appliquer "une
réglementation adaptée au mode d'exploitation", "aider
financièrement le développement des offres légales
et la numérisation des oeuvres". Bref, au moins un an de travail
en perspective...
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