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 28-08-2008
Sauvons Internet   Imprimer  E-mail 
Ecrit par admin  
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Sauvons Internet
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31-03-2005
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Image L’artiste sur Internet est donc avant tout un consommateur boulimique de médias et d’informations, ce qui le rapproche du public, et réciproquement le public alimente, discute, promeut et fructifie ce contenu, ce qui le rapproche de l’artiste, et par son initiative, du rôle d’artiste. Les nouvelles productions y trouvent un espace de diffusion et de promotion exceptionnel. Caractérisé par le succès de licences d’exploitation permissives, comme la Creative Commons, auprès des artistes indépendants.

Certains domaines artistiques obscurs peuvent y prendre une dimension nouvelle. Comme celui de la poïétique (étude de l’élaboration d’une œuvre), essentiellement théorique. Mais qui peut trouver une application pratique concrète avec le versioning, procédé de création-conjointe en réseau qui permet de conserver une version de l’œuvre à chaque étape de sa création. Comme Arthur Rimbaud envoyait souvent à ses différents correspondants des versions retravaillées de ses poèmes. La conséquence est ici formidable, car ce principe change notre regard sur l’œuvre, tant il est influencé par son processus de création, l’intérêt de la création glisse de l’objet final au chemin parcouru pour y parvenir. De plus le système permet la création de nouvelles branches de l’œuvre à chaque version et sous-version, l’arbre généalogique des différentes versions devient l’œuvre elle même, l’arbre grandit tant les artistes en ligne y apportent leur contribution.

Des exemples parmi tant d’autres, comme l’accès en profondeur à la matière numérique, permise par des formats de données aux standards accessibles à tous nés du caractère universel du réseau, ou comme le streaming, les wikis, etc. Autant de techniques, qui au travers des artistes, font honneur à leur époque et la dynamisent.

Cependant cette approche moderne, enthousiaste et lucide propre aux artistes ne fait pas l’unanimité. En effet les ayants droit des artistes ont bâti leur business model sur leur droit exclusif à la diffusion des œuvres des artistes. Les créations artistiques sont devenues une industrie, car comme c’était la règle au XXe, une création quelle qu’elle soit ne valait la peine que si elle était industrialisée, c’est-à-dire partagée par tous. Or sur le réseau, les créations n’ont plus besoin d’être industrialisées pour être partagées par tous. Cela signifie que la création n’est plus industrialisable, du moins dans le sens lourd, exclusif et traditionnel du terme. Malheureusement cette industrie n’entend pas remettre en cause son système lucratif bien huilé. Elle compte bien conserver sa position exclusive, ses intérêts et son fonctionnement passé, quitte à sacrifier la liberté des utilisateurs, et le XXIe en frappant Internet dans sa chair.

« C’est du vol » (Le Monde, 17 septembre 2003), ressasse dans les médias Pascal Nègre, PDG d’Universal Music France, crie au voleur comme une grand-mère à qui on a volé son sac à main, insultant ainsi ses clients au passage, qui font du téléchargement la nuit, mais achètent des disques le jour. Cette association entre la copie et le vol est tristement répandue. Elle est dûe à un sentiment confus et biaisé d’être dépossédé lors de la réception naturelle d’une œuvre par autrui, et à une conception archaïque du rapport entre le virtuel et la propriété du support matériel.

Mais la réplication de l’art, des idées, du virtuel, comme la réplique d’une onde sonore dans l’air est réceptionnée par les oreilles alentours, n’est en aucun cas une dépossession. Malgré cela certaines sensibilités n’y voient pas ce qu’elles ne perdent pas, mais ce que les autres reçoivent, s’ensuit un sentiment de jalousie, de perte d’exclusivité donc d’identité, voire un ressentiment d’ingratitude de la part d’autrui. « Si la nature a rendu moins susceptible que toute autre chose d’appropriation exclusive, c’est bien l’action du pouvoir de la pensée que l’on appelle une idée, qu’un individu peut posséder de façon exclusive aussi longtemps qu’il la garde pour lui ; mais au moment où elle est divulguée, elle devient la possession de tous, et celui qui la reçoit ne peut pas en être dépossédé. Sa propriété particulière, aussi, est que personne ne la possède moins parce que tout le monde la possède. Celui qui reçoit une idée de moi reçoit un savoir sans diminuer le mien ; tout comme celui qui allume sa bougie à la mienne reçoit la lumière sans me plonger dans la pénombre. Que les idées circulent librement de l’un à l’autre partout sur la planète » (Thomas Jefferson, président des États-Unis d’Amérique de 1801 à 1809).



 
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