06-05-2005
source: http://www.presence-pc.com date: 02/04/2005
P2P: le Sell va surveiller internet...
Le syndicat des éditeurs de
logiciels de loisirs a demandé, il y a deux mois, une
autorisation auprès de la Commission Nationale de l'Informatique
et des Libertés, pour pouvoir contrôler automatiquement
les infractions aux droits d'auteur sur les réseaux
peer-to-peer. On attend la réponse de la CNIL sous peu...
La Commission a pris une
décision, et la rendra prochainement
Jusqu'ici, les infractions aux droits
d'auteur sur les réseaux peer-to-peer étaient
constatées manuellement par les éditeurs, en utilisant
des agents assermentés. Ils veulent aujourd'hui passer à
la vitesse supérieure, en automatisant le processus, en
utilisant des robots (ou "bots", c'est selon).
Jean-Claude Larue,
délégué général du Sell explique que
"Cela fait des années que l'on se préoccupe de
protéger nos produits. La loi nous autorise désormais
à faire cette demande, nous n'hésitons plus, d'autant que
les systèmes sont prêts. Nous avons été les
premiers à déposer un dossier auprès de la Cnil".
Le syndicat se dit prêt à
mettre en place sa solution rapidement si la décision lui est
favorable.Il ne lui resterait donc plus qu'à trouver un
fournisseur pour cette solution informatique. Cependant, rien ne prouve
d'ailleurs que cette technique n'est pas déjà
utilisée discrètement, sans créer de fichiers...
Certaines sociétés majors américaines utilisent
déjà ce procédé de repérage.
La loi l'autorise, et le SCPP va suivre
Sur un plan législatif, la loi
Informatique et libertés permet aux entreprises et autres
groupements de mettre en place des traitements automatisés
concernant des infractions aux droits d'auteurs. Ce droit
n'était donné qu'aux autorités publiques ou aux
juridictions avant la modification de la loi en Août 2004.
Toutefois, pour faire valoir ce droit,
il faut disposer d'une autorisation préalable de la Cnil. Les
sociétés de droits d'auteur peuvent donc vérifier
automatiquement, mais uniquement "dans le cadre de la lutte contre la
contrefaçon et le téléchargement illicite de
fichiers (musicaux et vidéos) au moyen de l'échange de
fichiers peer-to-peer sur Internet", comme l'explique le site de la
Cnil. Le SELL va donc exploiter à fond cette nouvelle
possibilité offerte par la loi.
scpp La réponse de la Cnil est
imminente, puisqu'elle doit arriver dans les deux mois après
dépôt de la demande. Et l'interêt que cela suscite
est énorme, puisqu'il s'agit de la première demande de ce
type depuis la modification de la loi Informatique et libertés.
La SCPP (Société civile
des producteurs phonographiques), représentant les maisons de
disques, avait également averti qu'elle solliciterait une
autorisation pour surveiller elle aussi les réseaux
peer-to-peer. Selon notre source, Elle déposera d'ailleurs son
dossier d'ici une dizaine de jours.
Vers une privatisation de la police du
Net ?
L'association de défense des
internautes, la ligue Odebi, affirme que la Cnil donnera son
autorisation au SELL et craint, pour sa part, une privatisation de la
police sur Internet. Selon elle, cela permettrait à des groupes
privés de bénéficier des mêmes outils que
les autorités judiciaires.
Du coté du SELL, on se veut
plutôt rassurant : "Nous déclarons nos procédures
et nous serons contrôlés. Et nous aurons recours à
des enquêteurs assermentés", de plus : "Le but du Sell
n'est pas de coincer les goujons, mais plutôt les gros poissons".
"Nous n'allons pas nous attaquer
à n'importe quel internaute, ça ne nous intéresse
pas. Ceux que nous voulons attraper, ce sont les gangsters, les
malfaiteurs qui font du commerce de logiciels piratés. Et pour
ça, une fois repérés, nous essaierons d'entrer en
contact avec eux, de nous faire passer pour des clients".
Vous l'aurez compris, seuls les gros
partageurs seront recherchés, toutefois, la réponse de la
CNIL est attendue avec impatience par plus d'un internaute...
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