06-05-2005
source: http://www.abeilleinfo.com date: 06/04/2005
Le piratage musical fait rage… au Mali
 Victimes du piratage, Mali K7 et Seydoni-Mali, les deux principales
maisons de production musicale et de pressage de cassettes au Mali,
viennent de mettre leur personnel en chômage technique. Leur
principale revendication : demander au gouvernement de faire respecter
les lois contre la contrefaçon.
La piraterie leur fait perdre à Mali K7 et Seydoni-Mali les
9/10è de leur chiffre d'affaires estimé à
près de deux milliards de francs CFA. Des jeunes artistes se
sont aussi mobilisés à leurs côtés dans ce
combat. Les salariés de Seydoni et Mali K7, les deux entreprises qui
assurent la majorité de la production musicale au Mali sont,
depuis le 16 mars dernier, en chômage technique. Leurs employeurs
ne sont plus en mesure de leur payer leurs salaires à cause des
pirates.
"Le problème actuellement, c'est qu'il y a des
commerçants au marché qui nous laissent produire les
artistes, investir dans leur promotion et presser leurs cassettes...
bref faire tout le travail et réaliser tout l'investissement. Et
puis le lendemain de la sortie des cassettes, ils inondent le
marché de contrefaçons. Ils les revendent bien
évidemment moins cher réalisant ainsi d'importants
bénéfices puisqu'ils ne payent pas de royalties, de TVA,
pas de droits d'auteurs, d'impôt... Ils tuent le marché et
depuis un an nous avons du mal à payer notre personnel",
explique le D.G de Mali K7, Philippe Berthier, pour justifier la
décision de chômage technique. Une mesure prise de commun
accord avec la direction de sa concurrente, Seydoni/Mali.
"Si je vous disais que Mali K7 et Seydoni représentent 98 % de
la production musicale au Mali, mais seulement 5 % de la distribution,
me croiriez-vous ? Et pourtant c'est vrai ", explique Fousséni
Traoré, D.G de Seydoni.
Le reste du marché est naturellement aux mains des pirates En
fait, seule une cassette sur dix vendue au Mali est légale. Les
patrons de Mali K7 et de Seydoni attendent que le gouvernement prenne
ses responsabilités et sanctionne les pirates. Une condition
sine qua non pour reprendre leurs activités.
C'est surtout le gouvernement qui est directement visé par cette
action. "Nous n'en voulons pas au ministre de la Culture parce que sa
volonté d'assainir le marché est réelle et
sincère. Mais, nous pensons que le gouvernement tarde à
mettre les moyens nécessaires à sa disposition pour
combattre les pirates", précise M. Berthier. 
Sur le plan économique, ce sont des milliards de recettes
fiscales qui échappent à l'Etat, mais aussi aux
producteurs et à leurs artistes. Le DG de Seydoni ajoute que,
"d'un point de vue artistique, nous ne serons plus en mesure de faire
découvrir de nouveaux talents. Et là on verra bien ce que
feront les pirates quand ils n'auront plus rien à contrefaire ".
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