06-05-2005
source: http://www.algerie-dz.com date: 25/04/2005
Explosion du piratage informatique en Algérie
Le piratage informatique en Algérie explose et rien ne semble pouvoir arrêter ce commerce juteux.
Du shampooing Head and Shoulders jusqu’au parfum Chanel, tout
n’est qu’imitation, car vos pellicules ne partiront jamais
et vous ne sentirez pas moins bon si vous vous aspergez avec de
l’eau de toilette locale. Mais le produit qui est en train de
battre tous les records du faux reste incontestablement le CD. Que ce
soit un logiciel, un MP3, un film, un album musical ou tout simplement
un jeu pour PC, tout n’est que vraisemblance. Que ce soit dans un
magasin ou sur les trottoirs, tout est contrefait -
grossièrement souvent, excellemment rarement. Le boom du
matériel informatique très sophistiqué a permis,
d’abord à des initiés, ensuite à des
profanes, de tout copier.
Et les gains ne sont pas négligeables, car quand le CD vierge,
qui coûte à peine 20 dinars, est revendu quatre fois son
prix une fois gravé, il y a de quoi être tenté.
Pourtant, la loi qui punit l’imitation et la contrefaçon a
de quoi être dissuasive. Le contrefacteur est passible
d’une peine de prison de six mois à trois ans assortie
d’une amende 500 000 à un million de dinars.
Malheureusement, l’Office national des droits d’auteurs et
des droits voisins (ONDA), direction régionale de l’Est,
ne peut qu’ester les contrevenants en justice. Et le temps que
cette dernière fasse son œuvre, beaucoup d’eau
coulera sous les ponts.
Nettoyage
Le directeur général de l’ONDA-Est, M. Kadri, qui
chapeaute 25 wilayas, ne cache pas son inquiétude : « Ce
phénomène de contrefaçon et d’imitation, qui
touche pratiquement tous les produits du marché algérien,
devient alarmant quand il s’agit de CD, car d’un logiciel
original qui coûte 80 000 dinars à une contrefaçon
que vous trouverez à 60 dinars, il n’y a pas photo. Les
années écoulées, on ne s’inquiétait
pas trop du phénomène, car il permettait à une
très large couche de la population d’accéder au
savoir universel à moindre prix. Mais la légalité
doit reprendre ses droits puisque l’OMC ne permettra jamais
à l’Algérie d’y adhérer s’il
n’y a pas eu auparavant un nettoyage à fond, aussi bien
dans le commerce du CD que dans celui du parfum ou du
prêt-à-porter. » L’ONDA a
procédé en 2004 à une saisie de plus de 80 000
supports informatiques contrefaits à l’est du pays, un
chiffre record, mais qui ne représente qu’une infime
partie du trafic. « L’ONDA ne peut à elle seule
mettre fin à cette contrebande. 
Il nous faut une assistance continue des directions de commerce, des
Impôts, des Douanes, de la police... Car il ne faut pas oublier
que ce commerce informel, qui nuit gravement aux droits
d’auteurs, perturbe sérieusement le fisc, qui voit
là une part non négligeable du marché lui
échapper », ajoutera M. Kadri. Il reste que pour le moment
il serait illusoire de croire que cette piraterie puisse être
jugulée du jour au lendemain, car cette excroissance commerciale
fait vivre bon nombre de familles et permet à des
universitaires, abonnés aux agences de chômage, de se
débrouiller. « A mon avis, la seule arme dont nous
disposons pour le moment, mais qui ne pourra être efficace
qu’à long terme, reste la sensibilisation de la population
pour qu’elle soit persuadée que l’acquisition
d’un produit piraté n’est ni plus ni moins
qu’un vol des efforts d’autrui », conclura le
directeur de l’ONDA.
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