22-07-2005
Source: http://www.pcinpact.com Date: 09/05/2005
Gros bugs dans l'affaire du piratage de Valeo
 Il y a peu, on apprenait qu’une affaire d’espionnage industriel
frappait le cœur de Valeo. La firme œuvre dans un secteur hautement
concurrentiel, celui de la conception et la fabrication de composants,
systèmes et modules pour l’automobile et les poids lourds.
C’est une jeune chinoise de 23 ans présentée comme très diplômée et
polyglotte surdouée, qui est soupçonnée d’avoir piraté le système
informatique de l’équipementier. L'intrusion aurait eu lieu à
l'occasion de son stage. La police aurait trouvé chez cette personne
pas moins de 6 ordinateurs avec de données importantes. La stagiaire
aurait attiré les soupçons, dit-on, car on la voyait un peu trop
souvent avec un ordinateur portable sous le bras, engrangeant des
durées de travail excessives par rapport à ses horaires...
Les faits exacts de l’affaire, après l’assaut médiatique, auraient
semble-t-il une saveur tout autre. Ses collègues de l’Université de
Technologie de Compiègne sont venus apporter quelques précisions
diamétralement opposées à ce qui a
été dit. Li li, prénom de
l’intéressée, ne serait nullement bardée de
diplômes « en mathématiques, en mécanique des
fluides ainsi qu'en physique appliquée »
mais aurait simplement validée trois UV (unités de
valeur) en ces
secteurs. "Un parcours tout à fait classique !" nous confirme
l'université, contactée par nos soins. En outre, cette
« polyglotte »
s’est seulement inscrite à plusieurs cours de langues au
sein de ses
études universitaires, comme de nombreux autres étudiants
là encore.
"Elle a simplement suivi une formation intensive en langue pour se
mettre à niveau" nous confie l'UTC.
Qu’en est il alors du cas de l’espionnage et du piratage ?
D’abord,
le nombre d’ordinateurs en possession de cette stagiaire serait
non de
6 mais de trois, un chiffre plus fréquent à notre
époque. Ensuite, les
documents retrouvés sur ses postes seraient d’une
importance toute
relative. Devant ses actionnaires, le PDG même de Valeo a
lui-même
précisé que ces données ne sont pas "à sa
connaissance(...) à haut risque". Il a refusé
lui-même que l’on parle "d’espionnage industriel".
« Li Li n’a pas de formation d’informaticienne » note en outre la page de soutien. « Elle
suit en effet des études en Génie des Systèmes Mécaniques. Comment
aurait-elle pu déjouer la sécurité puis pirater le système informatique
de Valéo ? ». Du coup, « L'hypothèse la plus probable est qu'une
telle protection n'existait pas et qu'elle possédait le droit
(informatique) de prendre ces fichiers ». L’enquête démontrera
peut-être une copie accidentelle de données sans respect des consignes
élementaires de confidentialité. Plutôt que de piratage ou
d'espionnage, il pourrait donc ne s'agir au pire que d'une simple faute
professionnelle. Et encore faut-il attendre que tous les faits soient
bien avérés.
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