13-04-2006
Source: www.01net.com Date: 20/01/2006
Gare aux médicaments achetés sur Internet
 La multiplication des sites vendant des médicaments
inquiète les pouvoirs publics. Les acheteurs courent un risque
non seulement pénal, mais aussi sanitaire.
La vente illicite de médicaments sur le Web ne date pas
d'hier. Son activité croissante avait d'ailleurs fait l'objet
d'un rapport l'année dernière, au niveau
international. Aujourd'hui, c'est à l'Agence française de
sécurité sanitaire des produits de santé
(Afssaps), l'ex-agence du médicament, de tirer la sonnette
d'alarme.
Sans donner de chiffres précis, l'agence s'inquiète de
l'augmentation des sites vendant des produits pharmacologiques, parfois
sous couvert de compléments alimentaires. Ces sites
opèrent la plupart du temps depuis l'étranger, passant au
travers du filet de la sécurité sanitaire nationale.
Parmi les médicaments les plus exposés sur le Web, on
retrouve bien sûr les tranquillisants, les stéroïdes
ou les stimulants sexuels. En France, la vente en ligne n'est pas
autorisée pour les produits nécessitant une ordonnance.
Dans une mise en garde qu'elle vient de publier, l'Afssaps
énumère les risques encourus par les acheteurs, à
commencer par celui de l'automédication. Toute prise de
médicament sans avis médical peut en effet
s'avérer dangereuse et d'autant plus lorsque les
contre-indications ne sont pas jointes au produit, comme c'est souvent
le cas sur Internet.
Des produits sans principe actif
La contrefaçon fait également légion chez ces
revendeurs. Au pire, ces faux médicaments peuvent contenir des
substances dangereuses pour la santé. Au mieux, ce sont en fait
des placebos sans principe actif. « Du faux Tamiflu a par exemple
été vendu sur Internet, alors qu'il ne contenait pas de
principe actif », illustre Stéphane Lange, en charge du
dossier à l'Afssaps. Rappelons aussi que les acheteurs de ces
faux médicaments tombent, de fait, sous le coup de la loi contre
la contrefaçon.
Reste les médicaments officiels commercialisés
légalement à l'étranger, mais non autorisés
en France, comme la mélatonine. « Dans ce cas, le risque
est tout aussi important : si nous ne les avons pas autorisés,
c'est qu'il y avait de bonnes raisons », tranche Stéphane
Lange. Les critères d'autorisation portent entre autres sur le
contenu même du produit, mais aussi sur la qualité de ses
circuits de fabrication et de distribution, qui peuvent le
déteriorer. 
Au-delà de la mise en garde, l'Afssaps reconnaît ne pas
pouvoir faire grand-chose de concret pour lutter contre la vente
illégale sur Internet, très complexe à cerner :
« Nous cherchons à sensibiliser le public au maximum et
nous transmettons certains cas à la justice ».
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