06-07-2004
source: http://www.foruminternet.org
date: 07/01/2004
Juridiction compétente en cas de contrefaçon commise sur un site
Internet étranger
Contrefaçon sur un site internet étranger : le juge français peut-il être
compétent ?
Pour la première fois, la Cour de cassation vient de statuer en matière de
détermination du tribunal compétent en cas de contrefaçon commise en ligne.
Parmi les grandes interrogations que fait naître l’internet, la détermination de
la juridiction compétente dans le cadre d’un litige transfrontalier reste
primordiale. Dans un arrêt du 9 décembre 2003, la Cour de cassation a statué sur
ce point en matière de contrefaçon commise sur un site internet espagnol.
En l’espèce, le producteur de champagne Louis Roederer avait constaté que la
société espagnole Castellblanch présentait sur son site internet situé en
Espagne la promotion de vins mousseux sous la marque "Cristal" dont il est
pourtant titulaire. Faisant constater que ce site était accessible aux
internautes depuis la France, il fit assigner la société espagnole devant le
Tribunal de grande instance de Reims qui se déclara compétent. Pour sa part, la
Cour d’appel de Reims confirma cette décision et rejeta l’exception
d’incompétence des juridictions françaises.
La société espagnole décida de saisir la Cour de cassation au motif que
"l’article 5§3 de la Convention de Bruxelles du 28 septembre 1968 suppose qu’un
dommage se soit effectivement produit dans ce lieu et non qu’il y soit
théoriquement possible". Les juges du fond auraient ainsi privé leur décision de
base légale.
Néanmoins, les juges suprêmes rejettent cet argument. En effet, ils relèvent
qu’en matière de contrefaçon, "l’option posée par l’article 5§3 (…) doit
s’entendre en ce que la victime peut exercer son action soit devant la
juridiction de l’Etat du lieu d’établissement de l’auteur de la contrefaçon,
compétente pour réparer l’intégralité du préjudice qui en résulte, soit devant
la juridiction de l’Etat contractant dans lequel l’objet de la contrefaçon se
trouve diffusé, apte à connaître seulement des dommages subis dans cet Etat". 
En conséquence, la Cour de cassation considère que les juridictions françaises
sont compétentes pour connaître de la prévention et de la réparation de dommages
subis en France du fait de l’exploitation d’un site internet en Espagne dès lors
que ce site "fût-il passif, était accessible sur le territoire français". Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent écrire des commentaires. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer. Powered by AkoComment 1.0 beta 2! |