04-07-2006
Source: http://www.ratiatum.com Date: 05/05/2006
BearShare : un trophée de chasse de plus pour la RIAA
Ils ont pu vendre la peau de l'ours
après l'avoir tué. Free Peers Inc, l'éditeur du
célèbre client Gnutella BearShare, a capitulé face
au lobby américain de l'industrie disque, la
célèbre RIAA. Un accord à l'amiable a
été signé, au plus grand bénéfice de
l'éditeur de iMesh.
Pour éviter un procès
à l'issue douteuse, Free Peers Inc. a accepté de cesser
ses activités et de payer à la RIAA 30 millions de
dollars de dédommagement. A la grande époque de Gnutella,
BearShare était l'un des logiciels de peer-to-peer les plus
populaires dans le monde. Il partageait le réseau
héritier de Napster avec plusieurs autres clients P2P, dont
LimeWire (lui-même capitulant et remplacé par son jumeau
FrostWire).
En marge de l'accord, Free Peers Inc. annonce qu'il a revendu
l'ensemble de ses actifs (dont sa technologie BearShare, son fichier
clients et son nom de domaine) à iMesh, un rescapé du
Peer-to-Peer, reconverti au bon service des majors après un
accord de seulement 4,1 millions de dollars avec la RIAA. Le montant de
la transaction entre les deux entités n'a pas été
dévoilé.
Eliminer toute concurrence aux services marchands : une utopie ?
Dans sa lutte contre le P2P non contrôlé, la RIAA remporte
de francs succès. Au lendemain de la jurisprudence Grokster qui
a installé un climat d'insécurité juridique totale
pour les éditeurs de logiciels de P2P aux Etats-Unis, la RIAA
avait envoyé une série de lettres d'injonctions aux
principaux éditeurs de logiciels d'échanges du pays. Les
services de i2Hub et WinMX ont fermé, tout comme Grokster.
Limewire et eDonkey ont quant à eux annoncé leur
intention de négocier pour survivre, mais l'impatience monte
face aux difficultés. Enfin Warez P2P et le toujours très
populaire Soulseek, eux aussi visés par la RIAA, n'ont pas
encore réagi.
Le climat de tension qui règne aux Etats-Unis pourrait un jour
s'inverser si, comme l'espère l'éditeur de Morpheus, les
tribunaux interprètent favorablement la décision de la
Cour Suprême. StreamCast Networks compte en tout cas se battre
jusqu'au bout, mais en attendant les éditeurs commerciaux
tombent comme des mouches.
Ne reste plus que les logiciels de P2P open-source,
réalisés par une communauté sans
personnalité juridique contre qui porter plainte. Ces logiciels
se basent sur les réseaux eDonkey et Kademlia, Gnutella et
BitTorrent, qui sont de loin les plus populaires actuellement.
Malgré le succès de façade de la politique
menée par la RIAA, une observation pragmatique de l'état
du P2P dans le monde invite à penser que le lobby est en train
de jouer ses dernières cartes avant que le paquet ne change de
main. Lorsque tous les éditeurs de P2P commerciaux auront
été supprimés, les logiciels open-source auront
atteint un niveau de croissance encore plus important et il sera
impossible d'exiger leur fermeture.
Il faudra alors accroître la pression juridique sur les P2Pistes
eux-mêmes. Mais l'usage du P2P est tel chez les internautes qu'il
deviendra de plus en plus difficile de justifier de telles actions
auprès du législateur et des tribunaux. 
L'industrie du disque sera alors contrainte elle-même de
négocier avec les internautes. Que ça soit pour une
licence globale, solution encore précoce, ou plus
vraissemblablement pour une coexistence pacifique entre l'offre
marchande et les services de P2P.
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