04-07-2006
Source: http://www.silicon.fr Date: 24/05/2006
Logiciels: le piratage se stabilise, sauf en France
Dans notre pays, 47% des logiciels sont piratés, contre 35% au niveau mondial
 Ce n'est pas encore la Chine, mais la
situation commence à inquiéter les éditeurs.
Malgré les campagnes d'information, voire de menaces,
réalisées par les associations d'éditeurs de
logiciels, le piratage en France progresse sensiblement et notre pays
fait figure de très mauvais élève en Europe.
Selon la dernière étude annuelle réalisée
par IDC pour la BSA (Business Software Alliance), le taux de piratage
en 2005 des logiciels en France a atteint 47%, soit deux points de plus
qu'en 2004. La moyenne européenne n'est que de 36%. Globalement,
le taux moyen de logiciels piratés dans le monde
s'élève à 35 %. Cela représenterait un
manque à gagner de 34 milliards de dollars.
Les champions du piratage restent les mêmes: la Chine et la
Russie. Mais les taux commencent à baisser. En Chine, il passe
de 90% à 86% de logiciels piratés, en Russie, le taux
passe de 87% à 83%.
L'Europe centrale et de l'Est, et l'Amérique latine demeurent
les régions à plus fort taux de piratage: 69% et 68%.
Viennent ensuite le Moyen Orient/Afrique (57%) et l'Asie Pacifique
(54%).
Le profil du tissu économique français expliquerait cette
tendance qui place la France comme pays le plus 'pirateur' de l'Union.
"Les résultats constatés en France tiennent pour partie
à la nature de son économie qui compte un grand nombre de
petites entreprises, secteur où l'on constate un taux de
piratage plus élevé que dans les moyennes et grandes
entreprises", note l'étude.
Les PME en effet, pour faire des économies, n'achètent
pas toujours leurs applications, ou acquièrent une seule licence
pour plusieurs postes. Ce qui revient à pirater le logiciel pour
la BSA.
En mars 2005, BSA France, aux côtés du Comité
National Anti-Contrefaçon, groupe dépendant du
Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie,
engageait une action de sensibilisation pour lutter contre les copies
illégales de logiciels au sein même des entreprises. Pour
Bertrand Salord, porte-parole de BSA France, "le décalage entre
la conscience du piratage et la réalité de cette pratique
frauduleuse dans les entreprises signifie que pirater est un acte
réfléchi qui relève d'un choix dont les chefs
d'entreprises français vont désormais devoir assumer les
conséquences."
Ainsi, dans un mailing adressé à plus de 100.000
entreprises en France, BSA et le CNAC lancent une alerte aux chefs
d'entreprises sur les nombreuses conséquences "néfastes"
(3 ans d'emprisonnement et 1,5 million d'euros d'amende) du piratage et
les encouragent à mettre en place une gestion efficace de leurs
actifs logiciels. Des mails perçus comme de l'intimidation par
de nombreuses entreprises.
Visiblement, cette opération n'a pas porté ses fruits...
La BSA estime que le manque à gagner dans notre pays pour les
éditeurs de logiciels est de 3,19 milliards de dollars. Soit le
troisième rang des pays où le piratage a le plus d'impact
commercial derrière les Etats-Unis (6,9 milliards de dollars) et
la Chine (3,88 milliards). Mais les chiffres de la BSA, ainsi que
l'évaluation des emplois 'perdus' à cause du piratage
sont parfaitement invérifiables. 
L'association affirme ainsi que si le taux de piratage baissait de 10
points en 4 ans, la France injecterait 21,7 milliards d'euros dans son
économie, créerait près de 45.000 emplois nouveaux
dans tous les secteurs liés aux nouvelles technologies et l'Etat
y gagnerait 6 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires. Le discours des éditeurs est bien rodé.
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