06-07-2004
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L’information technique et statistique est centralisée au niveau de la Banque
centrale européenne. La BCE a mis en place un système de surveillance de la
fausse monnaie (SSFM). Ce système informatique est une base de données
concernant les caractéristiques spécifiques des pièces et des billets
contrefaits.
Les données sont répertoriées et communiquées à la BCE en vue d’être stockées
dans le SSFM et ensuite traitées.
Les nouveaux billets suspectés d’être falsifiés sont examinés par le Centre
d’analyse des contrefaçons (CAC) sous l’égide de la BCE.

La centralisation a également lieu au niveau des États membres. Le règlement
prévoit l’établissement de Centres nationaux d’analyse (CAN) chargés de
collecter les billets suspectés au plan national et d’en assurer l’examen.
Les CAN disposent de la compétence technique nécessaire et, le cas échéant, de
l’appui de la BCE. Ils transmettent les résultats d’expertise à Europol et au
CAC.
Pour remplir leur mission d’analyse, les CAN ont accès au SSFM et disposent
également du droit de l’alimenter.
Les États membres sont chargés d’établir, à l’instar du SSFM, des banques de
données nationales au sein de banques centrales : les centres nationaux de
surveillance de la fausse monnaie (CNSFM).
Le mécanisme de centralisation et d’analyse concernant les pièces est à peu près
le même. Les États membres désignent ou établissent un Centre national d’analyse
de pièces (CNAP). Ces centres ont pour objet de collecter les pièces suspectées
au plan national et d’en assurer l’examen.
Les CNAP ont pour obligation de remettre au Centre technique et scientifique
européen (CTSE) tout nouveau type de pièces suspectées comme étant fausses.
Contrairement aux billets, l’examen et le classement des nouveaux types de
pièces n’est pas assuré par la BCE mais par le CTSE qui est une entité
indépendante. Le CTSE a été mis en place à titre temporaire en tant qu’entité
distincte au sein de la Monnaie de Paris. Il a démarré ses activités le 1er
octobre 2001.
Le Conseil a adopté, le 8 décembre 2003, une décision qui confie à la Commission
la mission de coordination technique menée par les États membres en vue de
protéger les pièces contre le faux monnayage. Sur base de cette décision, la
Commission entend établir le CTSE comme étant un de ses services en détachant
des membres du personnel à la Monnaie de Paris.
3. Une coopération étroite entre les différents acteurs
La Commission, la BCE et les autorités nationales coopèrent par :
* un échange d’informations sur la prévention du faux monnayage et la lutte
contre la mise en circulation des faux billets et des fausses pièces,
* une information régulière sur l’impact du faux monnayage à des fins d’analyse
stratégique,
* une assistance mutuelle qui comprend notamment le soutien scientifique et la
formation à l’appui logistique des États membres.
Le résultat final de l’analyse d’un billet contrefait ou falsifié est communiqué
à Europol par la BCE. Celui d’une pièce contrefaite ou falsifiée en possession
du CTSE est également communiqué à Europol via la BCE.
Un accord a été signé le 13 décembre 2001 qui prévoit que Europol et la BCE :
* coordonnent leurs activités en matière de lutte contre la contrefaçon, en
particulier en matière de formation et de campagne d’information du public,
* échangent des informations non nominatives. Europol dispose d’un accès en
ligne au SSFM mais seulement limité à la lecture,
* se communiquent toute demande sollicitant leur expertise technique.
En parallèle, Europol et la Commission ont conclu, le 18 février 2003, un accord
permettant un échange d'informations stratégiques. Cet accord exclut les données
à caractère personnel et concerne toute une série de domaines dont la lutte
contre le faux monnayage de l'euro.
Enfin, la lutte contre la contrefaçon de l’euro nécessite un approfondissement
de la coopération entre les autorités répressives des États membres.
A cet égard, les instruments non spécifiques à la lutte contre le faux monnayage
peuvent concourir à la lutte contre la contrefaçon de l’euro. C’est le cas :
* du SIS dans lequel peuvent être introduites les identités des personnes
recherchées pour faux monnayage ainsi que les billets contrefaits,
* d’Europol, d’Eurojust et du mandat d’arrêt européen qui incluent dans leur
champ d’application la contrefaçon de l’euro.
PERSPECTIVES
Les textes destinés à lutter contre la contrefaçon de l’euro ont été élaborés au
cours de l’année 2000 et 2001. Le rythme s’est accéléré avec une intensification
dans l’adoption de nombreux instruments juridiques à la fin de l’année 2001 si
bien que l’essentiel du dispositif de protection était prêt au 1er janvier 2002,
date du début de l’introduction de l’euro sous forme fiduciaire.
Les phénomènes de contrefaçon de l’euro, tant redoutés, ont été relevés de
manière très limitée. La BCE a annoncé qu’au cours du second semestre 2003, 312
000 500 faux billets ont été détectés au cours de l’année 2003. La stituation
n’est pas alarmante, selon elle, au regard de l'encours de billets authentiques,
qui s'élève à 9 milliards d'unités. De son côté, la Commission a indiqué qu’au
cours de la même période, le nombre de pièces contrefaites est demeuré réduit
(26 000 unités, essentiellement des pièces de 2 euros).
La principale clef de ce succès réside dans la mise en place par la BCE de
mécanismes de sécurisation de la monnaie unique. Par ailleurs, la stratégie
d’information des institutions européennes du citoyen européen sur les
caractéristiques techniques de l’euro ainsi que sur les risques de faux
monnayage s’est avérée efficace.
Cependant, la menace de contrefaçon existe toujours et les efforts doivent être
poursuivis. Le Conseil a adopté, le 2 octobre 2003, une recommandation
concernant des mesures relatives à la protection de l'euro contre le
faux-monnayage dans laquelle il propose :
* d’améliorer la coopération entre les différents acteurs, notamment en
renforçant le rôle des offices centraux et en complétant, si nécessaire, la
législation européenne,
* en encourageant la formation spécialisée en y associant le CEPOL et en ayant
recours le plus largement possible au programme Périclès,
* en coopérant avec les pays tiers, notamment en soutenant l’établissement
d’office centraux.
Le Parlement européen se montre aussi très favorable à la poursuite de la
collaboration entre les institutions, en particulier par la conclusion d’un
accord de coopération entre Europol et Eurojust.
De façon globale, comme il l’a rappelé dans une résolution adoptée le 11 avril
2001, il approuve la politique menée par les institutions européenne en matière
de lutte contre le faux monnayage. Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent écrire des commentaires. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer. Powered by AkoComment 1.0 beta 2!
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