05-08-2004
source: http://www.lefigaro.fr date:
24/06/2004
Deux millions de coupures contrefaites
saisies par la PJ
Les faux monnayeurs français arrosaient l'Europe
Selon la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), il s'agit
de la plus grosse saisie de faux euros jamais réalisée en
Europe. Hier, une montagne de billets contrefaits était
solidement gardée au siège de l'Office central de
répression de la fausse monnaie (OCRFM), à Nanterre
(Hauts-de-Seine). Au total, 7 500 coupures de 50 euros, 18 672 de 20
euros et quelque 120 000 de 10 euros ont été saisies dans
le cadre d'un vaste démantèlement mené mardi matin
en région parisienne ainsi que dans les secteurs de Montpellier
et de Lille. La valeur de l'argent confisquée est estimée
à près de deux millions d'euros.
Plus de 150 fonctionnaires, dont ceux de la Brigade de recherche et
d'investigation financière (BRIF, antigang), ont
été mobilisés pour interpeller l'équipe de
faussaires, ainsi que leurs complice chargés d'écouler la
fausse monnaie. Outre les billets, des armes de poings, des fusils, des
voitures volées ainsi qu'un important lot de fausses cartes de
crédit ont été saisis lors du coup de filet qui a
par ailleurs permis de découvrir deux officines de fabrication
clandestines de fausse monnaie.
L'opération a été déclenchée au
terme de quinze mois d'investigations menées dans les milieux
des gens du voyage. L'affaire remonte à janvier 2003, lorsque
l'OCRFM, prenant en chasse une filière criminelle de revente de
faux billets de 50 euros, arrête une équipe de douze
personnes. Lors des perquisitions, les policiers trouvent un millier de
fausses coupures de 20 euros. Ils s'aperçoivent alors que les
espèces saisies sont issues d'une mystérieuse
chaîne de fabrication qui arrosait largement, depuis novembre
2002, l'ensemble de la zone Schengen, et plus particulièrement
la Belgique et l'Allemagne: quelque 130 000 coupures falsifiées
avaient été récupérées depuis cette
date par les comptoirs des banques centrales européennes ainsi
que par les services territoriaux de police et de gendarmerie.
Au dernier stade de leurs investigations, les enquêteurs
cherchent encore une imprimerie qu'ils qualifient de «très professionnelle, de type Offset» ayant permis
d'imprimer les 120 000 billets de 10 euros. 
En revanche, à Neuilly-sur-Marne et Villepinte, ils ont mis la
main sur des fabriques clandestines de 20 et 50 euros fournissant des
copies d'assez bonne qualité: à l'aide de rames de
papiers de couleurs ivoire et bleu vendus dans le commerce,
d'ordinateurs ultra-perfectionnés et d'une petite dizaines
d'imprimantes laser, les faussaires confectionnaient des copies d'assez
bonne facture. «La bande holographique était d'une
qualité approximative et le filigrane pouvait prêter
à la supercherie, explique un des responsables de
l'enquête. En fait, on a eu tort de dire que l'euro est
infalsifiable: la production saisie est assez mauvaise pour tromper
l'œil d'un professionnel. En revanche, elle pouvait leurrer bien des
gens, notamment les personnes âgées, peu
attentives.» Une vingtaine de suspects, pour la plupart
déjà connus des services de police, ont été
placés en garde à vue à l'OCRFM. Un «noyau
dur», composé d'une demi-douzaine de techniciens en
informatique et de faussaires, était entendu pour définir
les contours de la filière. Les policiers savent
déjà que leurs premiers complices achetaient les billets
imprimés à 10 % de leur valeur. Les redistributeurs en
gros et les «écouleurs au détail»
négociaient en bout de chaîne leur marchandise à 50
% de la valeur faciale de la monnaie écoulée.
Théoriquement, les voyous, agissant en bande organisée,
encourent une peine de trente d'emprisonnement.
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