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 08-08-2008
Les faux monnayeurs français arrosaient l'Europe   Imprimer  E-mail 
Soumis par smith  
05-08-2004

source: http://www.lefigaro.fr  date: 24/06/2004

Deux millions de coupures contrefaites saisies par la PJ
Les faux monnayeurs français arrosaient l'Europe

Image Selon la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), il s'agit de la plus grosse saisie de faux euros jamais réalisée en Europe. Hier, une montagne de billets contrefaits était solidement gardée au siège de l'Office central de répression de la fausse monnaie (OCRFM), à Nanterre (Hauts-de-Seine). Au total, 7 500 coupures de 50 euros, 18 672 de 20 euros et quelque 120 000 de 10 euros ont été saisies dans le cadre d'un vaste démantèlement mené mardi matin en région parisienne ainsi que dans les secteurs de Montpellier et de Lille. La valeur de l'argent confisquée est estimée à près de deux millions d'euros.

Plus de 150 fonctionnaires, dont ceux de la Brigade de recherche et d'investigation financière (BRIF, antigang), ont été mobilisés pour interpeller l'équipe de faussaires, ainsi que leurs complice chargés d'écouler la fausse monnaie. Outre les billets, des armes de poings, des fusils, des voitures volées ainsi qu'un important lot de fausses cartes de crédit ont été saisis lors du coup de filet qui a par ailleurs permis de découvrir deux officines de fabrication clandestines de fausse monnaie.

L'opération a été déclenchée au terme de quinze mois d'investigations menées dans les milieux des gens du voyage. L'affaire remonte à janvier 2003, lorsque l'OCRFM, prenant en chasse une filière criminelle de revente de faux billets de 50 euros, arrête une équipe de douze personnes. Lors des perquisitions, les policiers trouvent un millier de fausses coupures de 20 euros. Ils s'aperçoivent alors que les espèces saisies sont issues d'une mystérieuse chaîne de fabrication qui arrosait largement, depuis novembre 2002, l'ensemble de la zone Schengen, et plus particulièrement la Belgique et l'Allemagne: quelque 130 000 coupures falsifiées avaient été récupérées depuis cette date par les comptoirs des banques centrales européennes ainsi que par les services territoriaux de police et de gendarmerie.

Au dernier stade de leurs investigations, les enquêteurs cherchent encore une imprimerie qu'ils qualifient de «très professionnelle, de type Offset» ayant permis d'imprimer les 120 000 billets de 10 euros.

En revanche, à Neuilly-sur-Marne et Villepinte, ils ont mis la main sur des fabriques clandestines de 20 et 50 euros fournissant des copies d'assez bonne qualité: à l'aide de rames de papiers de couleurs ivoire et bleu vendus dans le commerce, d'ordinateurs ultra-perfectionnés et d'une petite dizaines d'imprimantes laser, les faussaires confectionnaient des copies d'assez bonne facture. «La bande holographique était d'une qualité approximative et le filigrane pouvait prêter à la supercherie, explique un des responsables de l'enquête. En fait, on a eu tort de dire que l'euro est infalsifiable: la production saisie est assez mauvaise pour tromper l'œil d'un professionnel. En revanche, elle pouvait leurrer bien des gens, notamment les personnes âgées, peu attentives.» Une vingtaine de suspects, pour la plupart déjà connus des services de police, ont été placés en garde à vue à l'OCRFM. Un «noyau dur», composé d'une demi-douzaine de techniciens en informatique et de faussaires, était entendu pour définir les contours de la filière. Les policiers savent déjà que leurs premiers complices achetaient les billets imprimés à 10 % de leur valeur. Les redistributeurs en gros et les «écouleurs au détail» négociaient en bout de chaîne leur marchandise à 50 % de la valeur faciale de la monnaie écoulée. Théoriquement, les voyous, agissant en bande organisée, encourent une peine de trente d'emprisonnement.

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Dernière mise à jour : ( 05-08-2004 )

 
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