03-09-2004
source: http://www.droiweb.com date: 04/1997
Noms de domaine et droit des marques
 Pour exister sur l'Internet, il faut bénéficier d'une
adresse IP et d'un nom de domaine (" host names " ou DNS). L'adresse IP
est composée d'une suite de chiffres et les noms de domaine sont
représentés par des mots pouvant contenir jusqu'à
26 caractères. Cette technique de nommage permet de créer
une multitude de noms différents, voire même
d'élaborer des combinaisons afin de donner un sens particulier
à l'adresse. Les enjeux économiques et commerciaux
représentés par ces noms de domaine sont
considérables, l'utilisation d'un nom rendant celui-ci
indisponible pour toute autre personne, selon la règle " premier
arrivé, premier servi ".
L'attribution des noms de domaine est de la compétence de
l'INTERNIC, autorité supérieure internationale qui
référence chaque nom dans une catégorie
générique, selon la nature du site qu'il recoupe. Ainsi
sept groupes ont été définis pour les adresses
internationales, comme par exemple le " .com " pour les
activités commerciales, le " .gov " pour les organisations
gouvernementales ou le " .org " pour les associations. A l'occasion de
cette procédure, l'INTERNIC occulte complètement la
possible existence d'un droit antérieur privatif sur la
dénomination enregistrée.
Parallèlement, sont référencés des
réseaux nationaux comme le " .fr " en France ou le " .es " en
Espagne. En France, c'est le NIC FRANCE qui autorise l'utilisation d'un
nom choisi par l'entreprise, après avoir vérifié
que celui-ci n'était pas déjà déposé
en tant que marque à l'INPI. Toutefois, cet enregistrement ne
confère pas au titulaire du nom de domaine un droit privatif sur
celui-ci.
La coexistence des différentes procédures
d'enregistrement de nom de domaine a été l'occasion de
conflits importants entre entreprises concernant l'utilisation par des
tiers de leur marque sans autorisation préalable. Ainsi,
certaines entreprises se sont vues refuser l'emploi de leur propre
marque pour leur site personnel. Elles ont, alors, été
obligées de négocier d'importantes transactions
financières afin de pouvoir employer leur marque,
antérieurement enregistrée à l'INTERNIC sous le
suffixe " .com ". 
Une ordonnance de référé rendue par le Tribunal de
Grande Instance de Bordeaux le 22 juillet 1996, semble vouloir mettre
un terme à ces pratiques en sanctionnant une
société de développement et de commercialisation
de services de connexion au titre de l'utilisation illégale
d'une marque déposée. Pour la première fois, une
autorité judiciaire se penche sur les conflits entre une marque
régulièrement déposée à l'INPI et un
nom de domaine inscrit dans la catégorie " .com " au profit
d'une tierce personne. Le juge des référés tire
des circonstances de l'espèce l'existence d'une fraude aux
droits des marques et retient que les deux sociétés
étant de la même région, la défenderesse ne
pouvait ignorer l'existence de cette marque et de son
propriétaire. Sur le territoire français, l'utilisation
d'une marque régulièrement déposée, par un
tiers est interdite en vertu de l'article L713.2 du Code de
Propriété Intellectuelle. Lorsque cette marque est
enregistrée dans une catégorie internationale (" .com "),
cette qualification ne permet pas, pour autant, de contourner la
législation française applicable en la matière.
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